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AJPH

Sortie de Vestiaire : Benoit Chevalier

Tous les mois vous pourrez retrouver la nouvelle rubrique éditée par l'AJPH grâce à la talentueuse plume de Benoit Conta. Une interview, une rencontre, un échange...Benoit Conta nous entraine dans l'intimité fascinante de l'après-Handball.

 

Fort d’une carrière longue de 18 ans, Benoît Chevalier revient sur son parcours qui l’a porté jusqu’à Lunel, où l’ancien arrière droit tient une cave, Ô pêcheur devin.

De Nîmes à… Nîmes. Arrière droit au grand gabarit (1,97m), Benoît Chevalier a vu sa carrière balisée par l’Usam. Il la démarre chez les Espoirs, en 1991, pour la finir 18 ans plus tard, en 2009. Entre temps, le gaucher est passé par Toulouse (1996-1999) où il remporte une Coupe de France, et Montpellier (1999-2001), avec qui il remporte un titre de champion de France, deux Coupes de France et dispute la grande Ligue des champions. 

 

« Je pense avoir eu une carrière bien remplie, estime le principal intéressé. Je l’ai amenée à ce que je voulais, c’est à dire jouer dans des clubs avec de gros palmarès comme Montpellier et Nîmes, tout en restant localisé dans le Sud. Quand tu te sens bien dans un club avec de vrais projets de victoires, tu n’as aucune raison de partir. Je pense avoir eu une carrière longue et riche. » Une seule petite ombre au tableau tout de même : « Si je devais avoir un petit regret, ce serait de ne pas avoir tenté l’expérience à l’étranger lorsque j’en ai eu l’occasion. J’ai eu l’opportunité de jouer en Espagne mais le choix était compliqué à ce moment-là et j’ai préféré rester. »

Benoît a 26 ans lorsque commence à germer l’idée d’une préparation de l’après-carrière. Un processus qui se met doucement en place. « C’était en 2000, se souvient-il. Je suis à Montpellier et là-bas, tu touches vraiment le très haut niveau. Si tu réfléchis un petit peu, tu te dis aussi que ça ne peut pas durer tout le temps. Il faut vite penser à autre chose. Comme il y avait des structures sur place, j’en ai profité pour passer mon BE1, mon BE2 et un diplôme de préparateur physique. » Un bagage jamais utilisé, mais qui marque un tournant psychologique dans la tête du joueur. Ce n’est finalement que trois ans plus tard, en 2003, qu’il met en place les bases de son futur projet de vie, tourné autour du vin. 

 

Né en pleine Vallée du Rhône, Benoît Chevalier a vite pris goût aux Gigondas, Cairanne, Vacqueyras et autres Chateauneuf. « Dès que je rentrais chez mes parents j’allais visiter des vignobles et je ramenais ça dans le vestiaire pour faire goûter aux mecs », sourit-il. La passion est là. Reste à la transformer en métier. « J’étais à Nîmes et j’ai mis tout à plat. Quand tu prends un papier et que tu t’aperçois que ce que tu aimes c’est le vin et le partage, ça va vite. Je me disais également que j’avais vécu pendant pratiquement 20 ans d’une passion, le handball, et qu’il serait difficile pour moi de vivre la suite sans une autre passion. » Pris sous son aile par Alex Mahut, lui aussi membre de l’Usam et déjà caviste, Benoît passe alors son temps chez son pote, tout en dévorant les bouquins d’oenologie à la médiathèque. Après deux années, le constat est là: ce sera caviste ou rien.

Reste tout de même à prendre la fameuse décision, celle qui fait peur, celle que l’on repousse. « L’arrêt d’une carrière, ce n’est pas simple, convient l’ancien arrière droit. Tu as un truc que tu as fait pendant 20 ans qui s’arrête d’un coup. Tu ne sais pas trop ou tu veux aller, tu te retrouves un peu tout seul alors que tu as toujours été entouré. Le plus important pour moi a été de savoir ce que je voulais faire après. Lorsque j’ai su ce qu’allait être mon après, ça a vraiment été un poids en moins. » 

 

Une fois la décision prise, le passage dans « l’autre monde » se passe sans trop de tracas. « Le fait de vouloir démarrer mon activité m’a pris vachement de temps. Je n’ai pas eu le temps de m’apitoyer sur mon sort en me disant que j’étais tout seul sans les copains autour de moi, estime-t-il. Malgré cela, pendant une bonne année, il y a des trucs qui te manquent. Il y a le côté affect avec les potes qui sont avec toi dans les vestiaires. Il y a tous ces gens qui t’encouragent tout le temps, qui veulent savoir comment s’est passé ton match. Tu es en quelque sorte dans la lumière, et d’un coup tu deviens une personne comme une autre. »

A la tête d’O pêcheur devin, à Lunel, depuis 2010, Benoît Chevalier est épanoui. « J’ai eu une carrière comblée et mon autre vie l’est aussi, sourit celui qui garde en lui son mental de handballeur. J’utilise encore vachement le handball d’un point de vue direct ou indirect. Le coté du sportif qui se remet tout le temps en question, tu le gardes en toi, tu l’utilises dans le boulot. Je me remets tout le temps en question, j’essaie sans cesse de m’améliorer. Pour mon cas, j’essaie de faire venir un maximum de gens possible lorsque j’organise un évènement par exemple. Le côté sportif, tu ne l’oublies jamais, il te colle. Encore aujourd’hui, des gens entrent et me parlent de handball. »

 

Le handball d’ailleurs, l’ancien arrière droit le suit, mais de loin. « Depuis que j’ai arrêté, si j’ai vu 6 matches, c’est le bout du monde, rigole-t-il. Mais c’est uniquement par manque de temps. Je suis allé voir Nîmes et Montpellier jouer. Ce qui est sympa, c’est qu’après 7-8 ans, quand tu rentres dans un endroit, tout le monde continue à te reconnaître, à prendre de tes nouvelles. L’an passé, je suis allé voir Paris jouer à Nîmes, notamment pour voir Bruno Martini avec qui j’ai joué à Toulouse, Montpellier et Nîmes. Quand je suis allé dans les vestiaires de Paris, plein de mecs, pas forcément des potes, m’ont salué. Nikola Karabatic, qui était au centre de formation de Montpellier lorsque je jouais là-bas, m’a parlé comme si on s’était quittés la veille. Ce sont des moments sympas qui montrent qu’il y a une reconnaissance entre handballeurs. C’est une sorte de famille. »

A la lecture de son parcours, le conseil délivré par Benoît Chevalier est sans surprise. «  Je conseillerais aux joueurs de savoir assez rapidement ce qu’ils veulent faire après leur carrière. C’est difficile de faire un choix mais ça vaut le coup de se poser 5 minutes devant une feuille blanche pour se demander: j’aime ça, j’aime pas ça, glisse le caviste. Ensuite, il faut se donner les moyens de le faire. Quand j’étais jeune et que les vieux me répétaient: « Fais gaffe, ça ne dure pas longtemps », je répondais « oui » sans trop écouter. Il faut, je pense, continuer à prendre du plaisir dans le handball tout en relativisant rapidement tout ça. » 

Alors qu’il a stoppé sa carrière il y a désormais 8 ans, Benoît Chevalier livre pour conclure son regard sur le handball actuel. « Du peu que je suis le handball, je n’ai pas l’impression qu’il ait du changement d’un point de vue physique. Par contre, au niveau rapidité, vitesse, les équipes s’adaptent très vite au nouveau règlement. Le jeu va plus vite je trouve,analyse-t-il. Je prends l’exemple de Nîmes que je regarde un peu. Ils font un bon début de saison grâce à cette capacité à aller tout de suite vers l’avant, et aujourd’hui, si tu n’as pas ça tu peux vite te retrouver à la cave. » Si c’est du côté de Lunel, ce ne sera pas très grave…

 

(Texte Benoit Conta - Photo Stéphane Pillaud)

 

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